Malaisie - 500 kilomètres entre huile de palme, mangrove et forêt primaire

La Malaisie fut la dernière épopée du Cycle de la Terre en Asie. Une chevauchée (à bicyclette) de plus de 500 km sur la côte ouest jusqu'à Kuala Lumpur. Sans savoir à quoi m'attendre, j'y observe la mangrove qui longe la côté, des bouts de forêt tropicale mais surtout des kilomètres et des kilomètres de plantation de palmiers cultivés pour leur huile et responsable d'une déforestation toujours plus grande.

 

L'occasion dans cet article de faire, face à ce constat alarmant, un parallèle entre ces milieux naturels, mangrove et forêt humide (rain forest), et la plantation de palmier sans limite qui participent à leur disparition.


La mangrove preservée

Passé la frontière, je passe une nuit à camper au milieu de la forêt tropicale. Le calme n'est pas le maître mot. Dès le soleil couché, le bruit incessant de la vie sous cette canopée est impressionnante. Les forêts humides, connues en anglais sous le nom de « rain forest », font partie des écosystèmes sur terre où la diversité animale et végétale est la plus dense. Par exemple et à titre de comparaison, il y a plus de variété d'arbre dans 1 km² de forêt humide que dans toute l'Europe. C'est dire comme elles sont importantes.


Longeant la côte vers le sud, j'y découvre ensuite la Mangrove et passe une journée dans la mangrove de Kuala Sepetang au sud de Penang. C'est un écosystème unique en son genre, situé dans les marécage entre mer et continent. Les arbres y ont les pieds dans l'eau, les singes s'y balancent mais surtout des centaines d'espèces d'oiseaux viennent nicher dans ces arbres si particuliers et protégés. C'est l'un des écosystèmes les plus riches en biomasse, la mangrove y est ici exploiter pour son bois de façon exemplaire. Elle a également été cité comme un moyen naturelle de protéger les côtes des dangers d'un tsunami.



J'y passe la soirée, accompagné grâce aux heureux hasards de l'aventure par trois étudiants botanistes. Nous observons les lucioles de la mangrove, les crabes et les periophtalmes, poisson qui sortent de l'eau en s'aidant de leurs nageoires, si particulier à cet écosystème.

 

La beauté de ces deux milieux m'aura marqué même si ils ont été trop rares à mon goût. La raison est simple : la déforestation pour les palmeraies et la production d'huile de palme...


La folie destructrice de l'huile de palme

Après 500 kilomètre sur la côte, le constat est bien là : ces extraordinaire milieux naturels sont menacés et disparaissent petit à petit chaque jour principalement à cause de la folie des plantations pour l'huile de palme. Au cours du 20e siècle ces forêt ont été réduites de près de 90% et aujourd'hui, selon un rapport de la FAO, les palmeraie restent en Malaisie responsables de 80% de la déforestation.


Le constat est alarmant. Sur 500 km à vélo, 400 kilomètres se sont faits au milieu des palmiers. Un milieu intriguant au début mais affolant quand on ne voit que ça sur des kilomètres. Une monoculture qui ravage les milieux naturels existants et pousse la biodiversité de ces zones tropicales dans leur dernier retranchement. L'ourang-outan en est l'ambassadeur. En 2007, il a été estimé que 98% des forêts humides indonésiennes, habitat naturel des orangs-outans, auraient disparu en 2022.

L'huile de palme est l'huile la plus consommé au monde, 85% des stocks sont produits en Malaisie et en Indonésie et utilisé à 80% pour l'alimentation. On en consomme sans le savoir ainsi chaque jour dans son assiette. Pour autant, la culture des palmiers n'est pas la plus exemplaire.Son exploitation est par exemple responsable de 70% des gaz à effets de serre de l'Indonésie. Principalement utilisé comme agrocarburant, l'huile de palme est aussi plus productrice en gaz à effets de serre que le gazole.

Derby a le monopole en Malaisie, pas de petit fermier...
Derby a le monopole en Malaisie, pas de petit fermier...
Les fruits d'ou on tire l'huile
Les fruits d'ou on tire l'huile

J'observe au milieu de ces cultures, les différentes étapes de son exploitation. Du néant de la déforestation au néant de la monoculture où seul quelques singes transitent.    

Deforestation
Deforestation
Plantation
Plantation
Monoculture
Monoculture


Conclusion

Face à cela, que faire ? Le boycott de l'huile de palme ou le recours à des produit durable sans déforestation est possible mais l'enjeux majeur à travers le monde et la reforestation de ces forêts humides. Pour cela, je recommande le visionnage de ce TED talk présentant un projet exemplaire de reforestation sur l'ile de Bornéo en Malaisie (en anglais).


Ma vue de la Malaisie de part sa côte ouest m'aura donner un drôle de sentiments d'observer directement l'impact de la mondialisation de notre alimentation sur les milieux naturels tropicaux. En dehors des lieux touristiques, les palmeraie sont les seuls milieux que j'ai pu observer durant des jours entiers à bicyclette. Un constat alarmant qui pousse à réfléchir...

 

Heureusement, ma dernière semaine dans deux fermes locales de Malaisie m'aura remonté le morale avant de partir vers de nouvelles aventures en Amérique. A suivre.    

A tres vite, somewhere over the rainbow
A tres vite, somewhere over the rainbow


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Commentaires : 1
  • #1

    Le Cycle de la Terre (samedi, 20 juin 2015 16:17)

    Encore un peu plus d'info:
    http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/06/18/en-quoi-la-consommation-d-huile-de-palme-influe-sur-notre-sante-et-notre-environnement_4657404_4355770.html