Les étudiants réfugiés de Mae Hong Son

Après avoir constaté la beauté du Myanmar en traversant ses paysages à vélo, je rends cette fois visite aux étudiants d'un camp de réfugiés birmans de l'autre côté de la frontière, à Mae Hong Son, dans le nord de la Thaïlande.


Récit de cette rencontre, rappel de la situation des camps de réfugiés et petite action collective !


Mae Hong Son, à la frontière birmane

Après une semaine de vacances en famille près de Bangkok et avant de retrouver le chemin des fermes au nord de Chiang Mai, je prends la direction de la frontière birmane une seconde fois. Plus au nord cette fois-ci, près de la région jouxtant l'état de Karenni côté birman, dans la ville de Mae Hong Son, bien connue des touristes car au milieu de la boucle Chiang Mai – Pai – Mae Hong Son – Mae Sariang.


Mon vélo dans la soute d'un bus, j'observe par la fenêtre les paysages changer. Les montagnes sont boisées et teintées d'un marron orangé qui nous fait croire à l'automne de chez nous. Nous sommes à la saison sèche, les feuilles tombent, poussées par les nouvelles pousses. Le ciel et les vues sur l'horizon sont obstruées par la fumée des feux de forêt, une pratique courante et contestée en Thaïlande et en Birmanie. Dans cette chaleur, je retrouve le calme d'une ville de campagne.

saison sèche, Mae Hong Son
saison sèche, Mae Hong Son

A Mae Hong Son, je rends visite à une amie, Nicole, qui enseigne l'anglais dans un des neufs camps de réfugiés que compte la Thaïlande le long de cette frontière. Dès le lendemain matin, je l'accompagne pour rencontrer et échanger avec ses élèves.


Rencontre avec les étudiants du KnCC

Karenni Community College (KnCC) a été fondé en 2011 au sein du camps de réfugié de Ban Nai Soi (voir ci-dessous). Le petit établissement situé à l'extérieur du camps compte cette année 58 élèves. Il a pour mission de donner aux élèves une base solide en anglais, en sciences, en sciences sociales, en informatique et en « community management ». Avec, au bout de deux ans, un diplôme pour continuer peut-être vers l'université mais surtout pour donner à chaque étudiant l'autonomie nécessaire pour relévé les défis de leur situation de réfugié.


Au cours de la journée, je rencontre d'abord les deuxièmes années puis les premières années. Nous faisons connaissances. Les sourires et le bonjeur d'être ensemble de ces élèves fait plaisir à voir. Il maîtrise l'anglais convenablement et présente leur travaux. Une semaine avant l'examen finale, la classe est sérieuse et se concentre sur les dernières révisions.


Pour les relaxer, je leur présente durant une heure, mon voyage et échange avec eux sur mon expérience. On parle du monde mais aussi et surtout de la beauté de leur pays autour de quelques photos, avec le souhait immense qu'un jour il puisse eux aussi le visiter !

KnCC, Merci pour votre accueil!

Un grand vœu de bonheur et de liberté pour vos futures années !



30ans de camps réfugiés

Je n'ai pas eu la possibilité de rentrer dans le camp soumis à autorisation mais on me l'a raconté. Ce n'est pas un camps de tentes comme on peut se l'imaginer mais un vrai village qui a grossi dans la forêt depuis plus de 30 ans pour devenir aujourd'hui un immense village accueillant plus de 80 000 réfugiés!


Durant ma rencontre avec les élèves, ils font un exposé sur l'état de Karenni et sur l'histoire du camps. La présentation se ponctue par une vidéo simple et très juste dont je vous propose la lecture ci-dessous (avec une certaine tolérance pour les transitions dynamiques ;)).

Et pour plus d'informations concrètes sur la situation en Birmanie, je vous conseille la consultation du fil d'informations d'Info Birmanie (en français) ou UNHCR(en anglais) pour plus d'informations sur les réfugiés.


Agir ensemble

En France et à l'international, plusieurs associations appellent à faire pression sur le gouvernement Birman pour pousser ce pays à plus de démocratie. Alors, pour faire un geste, notamment pour la libération des prisonniers politiques rejoignez la campagne lancé par l'Association d'Aide aux Prisonniers Politiques en Birmanie et soutenu par Info Birmanie.


Soutenez un prisonnier en particulier parmi la liste proposée. Pour la liste, c'est par ICI (en français) ou par ICI (en anglais).


Avec la frontière birmane à l'horizon au couché du soleil, Nicole choisit HTIN KYAW, un activiste et leader de Movement for Democracy Current Force (MDCF), et je choisis  THAW KYAR, un paysan qui a été condamné à 7 ans de prison en octobre 2014 pour avoir protesté contre la confiscation de ses terres en labourant ses champs.


A bientôt en terre thaïlandaise

où l'on reste libre de labourer ses champs ;)



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Commentaires : 2
  • #1

    Isa (dimanche, 08 mars 2015 17:15)

    Merci Romain pour cet engagement et de montrer cette partie aussi du monde (elle existe un peu partout).
    Merci aussi pour l'info de comment on peut agir.
    A bientôt,

  • #2

    dave, rachel, dylan and lewis monk (lundi, 16 mars 2015 23:02)

    Hi Romain!
    We are pleased to see you are still travelling!
    Keep it up mate and well done on getting so far!

    best wishes,

    Dave, Rachel, Dylan and Lewis Monk - from Cevernne