Iran - Les blés du désert

Je quitte la compagnie de cyclistes (Voir Article précédent) pour continuer ma route à travers l'Iran jusqu'à Esfahan. J'y traverse des paysages étonnants où se mèlent blés verdoyants et déserts arides. Une belle expérience ponctuée de quelques rencontres...

 

Récit de ces 900km dans les hauteurs de l'Iran.


Les plateaux verdoyants

100km après avoir quitté mes compagnons de routes, je monte dans les hauteurs des montagnes iraniennes. Les plateaux et les flancs de montagnes y sont plus verts. Je respire un peu au calme sur une route peu fréquentée.



Des horizons de blé

 

Du blé, du blé et du blé. Partout, des champs de blé colorent les collines. Les iraniens rafollent de pain et je contemple sa matière première. Etonnant quand on sait le peu d'eau qui coulent dans ces montagnes.

 

La majorité des rivières que je suis ou que je traverse est asséchées. Lors des grosses averses, l'eau déferle et grignote ce sol asséché créant parfois de petits canyons. Le soir, les pompes vrombissent pour extraire l'eau du sol et irriguer les champs. Au bord des routes l'eau extraite crée de petits oasis où je peux me reposer le temps d'une sieste au plus chaud de la journée.

 

Et toujours, les troupeaux de moutons parcourent ces kilomètres de prairies sous le soleil frappant.



Et autres folies pastorales

J'observe également quelques particularités locales. Les petits villages de ruches colorent le bord des routes. Le miel a une grande valeur ici (même si son prix reste bas). Je verrai même des petits magasins entièrement dédiés au miel. Je me régale!

 

Hors des villes, les maisons sont érigées en terre et s'immissent tout naturellement dans les teintes de ces montagnes. Bien sûr les fortes pluies et peut-être un certain exode rural, laissent en ruine les bâtiments érodés.

 

Les couleurs reviennent après l'orage sous cet arc-en-ciel.



Exceptionnelle hospitalité

Que dire de cet homme qui m'invite dans sa famille pour le déjeuner et une douche.

Que dire de cet homme caché à s'évader dans sa cahute qui insiste pour m'offrir le gite et le couvert pour la nuit.

Que dire de ce père et son fils qui m'hébergent, pour mon plus grand repos, dans leur villa sur les collines surplombant Arak.

Que dire de ces personnes qui m'offrent un fruit, du pain ou quelques heures d'internet avec toute leur gentillesse (et sans Tarof [je vous expliquerai plus tard).

 

Que leur dire, un grand MERSI et une admiration profonde pour ce peuple qui sait donner au voyageur une valeur inestimable. Une leçon qui restera graver en moi.


Là où l'eau coule pousse les vergers

Pour quelques moments de tranquilité, je trouve un soir refuge dans ces vergers qui le long d'un fil d'eau émergent au milieu du désert. La fraîcheur des arbres et le petit torrent qui me servira de douche me font le plus grand bien.

 

Nous sommes en mai, accrochés aux branches, j'observe les fleurs éclore et les premiers fruits grossir. Grappes de raisin, pèches, amandes, muriers, pommes et prunes profitent de ce soleil constant et de ce filet d'eau. Dans les villes, je me gave de melons, pastèques et autres kiwi(qui eux sont murs depuis l'hiver).



Une journée de désert et une nuit en caravansérail

Et puis le désert! Deux jours de désert avant Esfahan qui s'intalle sans prévenir. Sous cette chaleur, le plus dur est le manque d'arbre. Faire une pause, faire une sieste devient difficile. Je me réfugie sous quelques petits arbustres où dans les villages qui ne sont pas si nombreux mais suffisament fréquents pour que je ne manque pas d'eau.

 

Au milieu de ce désert ocre, je contemple une flore très particulière, de petits lézards et je roule de caravansérail en caravansérail, refuge symbole du voyageur.

 

Une belle expérience que je vous fais vivre par cette petite vidéo ci-dessous.


Jusqu'ici, l'Iran reste une merveilleuse expérience. Et ça continue à Esfahan où je retrouve trois amis pour partir à la découverte des trésors de Perse.

A suivre! Yavash! Yavash!


Écrire commentaire

Commentaires : 5
  • #1

    isa (mardi, 10 juin 2014 13:26)

    Merveilleux romain, tu as l'air heureux et ça fait plaisir de te voir dans cette magnifique vidéo. Bonne continuation j'ai hâte de l'article sur ton prochain stop. J'ai toujours rêvé de voir Esfahan!
    Des bises de perols où on attrape nous aussi des coups de soleil avec les premiers 34ºc de l'été. Isa

  • #2

    Gaëlle (mardi, 10 juin 2014 14:30)

    tes posts commençaient à me manquer! Merci pour la visite de ton hôtel, sympa de voir l'envers du décor avec le montage quotidien de ta maison, ça me rappelle des souvenirs et me donne envie de reprendre ma vie de nomade! enjoy :)

  • #3

    Jean-Dom (mardi, 10 juin 2014 23:44)

    super de tes nouvelles !!!
    je me moque de moi avec mes performances vélistiques dans la Drôme et sur mon vélo je ne cesse de penser à toi Boy
    bonne route
    bise
    A+

  • #4

    Pierre-Marie (vendredi, 13 juin 2014 17:59)

    Super ! Bravo :-)

  • #5

    Bruno (vendredi, 20 juin 2014 15:29)

    Hey, beau voyage alors du lac d'Orumyieh à Ispahan (j'ai appris après que le lac s'assèche, comme la rivière d'Ispahan, car l'eau est plutôt mal gérée et la population augmente. Avant, il y avait de l'eau).
    Belle vidéo aussi, nous n'avons pas vu de caravansérails comme ça, c'est assez incroyable.
    J'espère que ton voyage est toujours aussi beau
    Bonne suite !